Emprunt indivis, obligataire, financement par fonds propres: Lequel choisir pour mon projet?
- Cheikh-Ahmed Dieng
- 16 juin 2022
- 3 min de lecture
16 septembre 2019
Des opportunités se présentent et vous voilà à l’aube d’un nouveau projet. En tant que financier qui se respecte, les premiers aspects de la rentabilité économique sont déjà appréhendés (valeur actuelle nette du projet, etc…).
Un aspect qui est souvent négligé mais qui doit être pris en considération est la source de financement.
Depuis 2008, de nombreuses entreprises peinent à se financer. Cependant, lorsque l’opportunité se présente, l’entreprise peut le faire soit via l’emprunt ou les fonds propres.
Mais qu’est-ce que le financement par l’emprunt ou les fonds propres ?
Lorsqu’une entreprise décide de s’autofinancer, elle peut décider d’utiliser ses fonds propres (financement interne).
L’entreprise peut donc décider de se financer avec les apports des associés lors de la constitution, par les bénéfices engendrés au cours des exercices précédents conservés par l’entreprise (c’est-à-dire non distribués sous forme de dividendes). La société peut aussi, dans une démarche de financement interne, recourir à une augmentation de capital pour lever des fonds supplémentaires (ressources externes) ou procéder à une cession d’immobilisations (appelée aussi désinvestissement).
En ce qui concerne l’emprunt, les principales voies qui se présentent sont essentiellement l’emprunt indivis, l’emprunt obligataire ou le crédit-bail.
La nuance entre l’emprunt indivis et celui obligataire vient du nombre de prêteurs. L’emprunt indivis est effectué auprès d’un seul prêteur et une relation bilatérale nait entre l’emprunteur et le prêteur. Tout le monde se rappelle dans les films des dossiers de crédit montés devant le banquier. Les conditions de l’emprunt sont ensuite bien définies avec les caractéristiques de l’emprunt, la durée d’emprunt, … L’emprunt obligataire se fait plus auprès de nombreux souscripteurs. Chaque souscripteur obtient une obligation et l’emprunteur s’engage à rembourser à une échéance bien déterminée majorée par des intérêts. De nombreuses levées de fonds ont été effectuées en utilisant ce principe comme par exemple par Daimler, LVMH ou Siemens.
Passons maintenant aux modalités de financement.
Lorsque nous décidons de passer par le financement par fonds propres. Deux ressources principales sont utilisées, soit internes avec la capacité d’autofinancement, soit externes avec l’augmentation de capital.
La capacité d’autofinancement mesure l’aptitude de l’entreprise à subvenir seule à ses besoins. Elle représente l’excédent entre les produits encaissés ou encaissables et les charges encaissées ou encaissables.
L’augmentation de capital est l’émission d’actions nouvelles. L’autre issue peut être d’emprunter à un associé par le biais du compte courant d’associé.
Le financement par fonds propres permet, de ce fait, de garder une certaine autonomie notamment lorsque l’entreprise utilise ses ressources internes et permet de se prémunir de la cherté du crédit.
Pour un financement par emprunt indivis, l’entreprise souscrit auprès, généralement, d’un établissement bancaire un emprunt couvrant tout ou une partie du montant nécessaire pour l’investissement. Les modalités de remboursement sont ensuite fixées pour le nombre d’échéances, le taux d’intérêt et la durée de l’emprunt. Un emprunt obligataire s’effectue plus à une échéance nommée mais avec une majoration d’intérêts.
L’entreprise peut aussi décider de se financer par d’autres voies comme le crédit-bail. Dans ce cas, le bien n’appartient pas à l’entreprise et ne figure pas dans son bilan.
Dans ce cas, elle dispose d’une source de financement plus accessible et ajusté à ses besoins.
Pour pouvoir arbitrer sur le mode de financement que l’on souhaite adopter, plusieurs critères nous viennent à l’appui :
- Le décaissement minimal ou décaissement réel
- Le coût de financement ou taux de revient du financement
- Les cash flows net actualisés
- La valeur actuelle nette ajustée
Le taux de revient du financement est principalement le taux pour lequel il y a équivalence entre les sommes reçues et l’ensemble des annuités versées à la banque ou aux souscripteurs. Le projet possédant le taux de revient du financement le plus bas est retenu.
En ce qui concerne le décaissement réel, nous nous arrêtons sur le flux réel qui est décaissé par le mode de financement retenu. Pour prendre une décision, nous choisissons le décaissement le plus faible.
La valeur nette ajustée est un autre mode d’évaluation du projet en prenant en considération le fait que la valeur actuelle nette ajustée est la VAN du projet à laquelle on ajoute la VAN du financement.
Tous ces critères sont des indicateurs qui nous permettent de nous lancer vers ce que l’on appelle la décision financière.
En fonction du critère que nous jugeons comme le plus pertinent, la décision de choisir telle ou telle source de financement va être retenue. De la même manière, la rentabilité du projet pourra mieux être appréhendée.
Comme le disait Michel, en effet, lorsque tu lances ton projet, c’est toi qui décide .



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