Et si notre patrimoine méritait d'être entretenu et valorisé comme nos immobilisations
- Cheikh-Ahmed Dieng
- 16 juin 2022
- 3 min de lecture
26 décembre 2018
Les Etats Unis ont reçu la Statue de la liberté de la France, le Sénégal a reçu des chinois le stade Léopold Sédar Senghor (historiquement le stade de l’amitié) ou l’arène nationale.
Cependant, suite à l’inauguration de ces divers joyaux, il reste un aspect très important à savoir l’entretien mais aussi la valorisation.
Les derniers chiffres nous font dire que la majorité des personnes (études sur des populations d’Amérique du Nord) qui sont en vacances cherchent à approfondir leur culture du pays visité et leur connaissance de l’histoire.
Nous nous retrouvons face à la problématique qui réside à toujours rénover ces divers sites et maintenir une certaine attractivité.
Le débat qui entoure l’histoire reste très délicat et mène très souvent à des échanges très passionnés. Une certaine retenue s’impose donc. J’entends déjà de nombreuses voix clamant que l’histoire est constamment dénaturée en touchant certains symboles.
En effet, en fonction du propriétaire, la gestion reste différente et les modalités d’investissements sont diverses.
Le deuxième point qui fait débat reste dans la valeur économique que l’on va leur accorder.
Il faut se rappeler que nous nous retrouvons dans une société en plein mouvement et elle demande comme toute chose une certaine modernité.
Des stratégies adaptées doivent être posées pour revigorer ces sites tout en gardant leur aspect originel.
Aujourd’hui, nous pourrions croire que l’histoire se limite aux monuments classés et objets protégés. Cependant, dans des sociétés comme celle du Sénégal, le patrimoine historique remonte encore plus loin avec notamment des phénomènes comme les Kankourang ou le Ndeup.
Ce sont des phénomènes qui se passent durant des périodes de l’année mais qui font partie de notre patrimoine.
Le cadre législatif a permis d’inscrire certains patrimoines comme patrimoine protégé et en empêcher la vente. Les premières définitions se limitaient aux sites historiques, une extension a été portée pour les sites naturels, d’intérêt général, scientifiques ou artistiques.
Tout le monde se rend compte que ce sont des phénomènes qui s’essoufflent et qui, pourtant, font partie de l’attractivité de certaines zones comme Mbour.
Nous nous rappelons de l’épisode du Kankourang qui a été arrêté pour trouble à l’ordre public.
Pour revenir à nos principes de base, il revient difficile de les classer comme initiative privée et devrait plutôt être intégrée dans les activités des collectivités locales. Ils ne représentent pas de valeur économique très facilement décelable cependant l’apport pour la région est non négligeable.
Ces phénomènes culturels méritent une réflexion assez poussée pour ne pas les voir sombrer dans l’oubli et leur permettre de rester dans notre patrimoine.
Nous allons maintenant nous attarder sur les sites. Ils peuvent être de gestion privée, comme sur la Petite Côte, et disposent de leurs propres contrats d’entretien.
Cependant, en ce qui concerne les monuments historiques acquis ou reçus par l’Etat, ils sont cédés mais très souvent la gestion ainsi que l’entretien revient à l’Etat receveur.
Pour permettre une gestion plus efficace, une des solutions qui se présente est de transférer la propriété aux collectivités territoriales. Elles se chargeront de la gestion, de l’entretien et de la valorisation. Cette solution permettra d’éviter les lenteurs et une gestion plus proche de ces différents sites.
Cependant, dans des économies comme les nôtres, la limite se présente dans la possibilité des collectivités locales de pouvoir lever les fonds pour l’entretien et la valorisation. Ces monuments ou sites font l’objet de nombreuses dégradations comme les graffitis. Une subvention peut leur être attribué pour les charges de fonctionnement et de personnel pour atténuer la prise en charge d’un tel projet.
Pour ce qui est de la valorisation et l’entretien, ce domaine demande forcément l’incorporation du privé. Des contrats doivent être apposés pour un entretien périodique et des stratégies et concertations pour la valorisation.
Cet exemple des sites historiques peut aussi être apposé à l’entreprise. Coca Cola s’est aventuré à changer son goût et a vu ses ventes chuter drastiquement. Ce cas de figure s’est observé sur de nombreux autres produits. Le résultat sur les ventes a été le même car le goût faisait partie d’un certain patrimoine gustatif des consommateurs.
En ce qui concerne les immobilisations et investissements de l’entreprise, ils doivent être couverts par des assurances mais doivent faire l’objet de contrats d’entretien pour en permettre une utilisation plus efficace et une durée de vie plus longue.
Une plante est toujours plus belle, bien entretenue et choyée. Sauvons notre patrimoine.



Commentaires