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Quand ce n'est plus l'information qui nous bloque et que tout s'enchaîne

  • Photo du rédacteur: Cheikh-Ahmed Dieng
    Cheikh-Ahmed Dieng
  • 16 juin 2022
  • 4 min de lecture

14 novembre 2018


Au cours de ces dernières années, de nouveaux défis se présentent pour les entreprises et les différents acteurs économiques. Les investisseurs réclament plus de proximité avec les administrateurs, les compétences sur les membres des conseils sont revues et l’impact de la société dans le paysage économique de plus en plus scruté. Au niveau des diverses entreprises, les principales mesures prises à ce jour concernent restent la responsabilisation, la meilleure gestion et le contrôle.

Dans un contexte de concurrence accrue, mais surtout de changement des environnements de travail et de quantité grandissante d’informations, de nouveaux métiers se sont développés et une nouvelle ère a démarré. De nature, le secret est roi dans le monde des affaires. Cependant, dans un processus d’optimisation du rendement de tout un chacun, la transparence a fait son bonhomme de chemin dans les habitudes des travailleurs. A l’heure des Big Data, dématérialisation, outils collaboratifs et connectés et des énormes opportunités qu’elles offrent, de nouveaux métiers se sont développés. L’essor massif des Fintechs à travers le monde en est la preuve. Suite à la crise économique de 2008, de nombreux banquiers ont quitté le système pour se pencher sur ces nouveaux instruments financiers numériques.

Ces avancées se sont matérialisées par la mise en place du crowfunding qui est un financement participatif, soit sous la forme d’un prêt, d’une prise de participation ou un don via une plateforme, réservé aux entreprises. L’innovation s’est poursuivie pour utiliser le même procédé pour contracter ou prêter de l’argent pour des crédits à la consommation. Nous sommes arrivés à franchir une nouvelle étape avec des monnaies virtuelles dont la plus connue est le BitCoin.

A une heure où la finance doit s’adapter et se moderniser, les chaines de blocs leur ont ouvert l’horizon vers de nouveaux produits.

Avant de rentrer dans le domaine de ses applications, il nous faire un premier rappel de son origine et même de son utilisation.

La blockchain (en français, chaîne de blocs) est une technologie qui permet de stocker et transmettre des informations de manière transparente, sécurisée et sans organe central de contrôle. Elle ressemble à une grande base de données qui contient l’historique de tous les échanges réalisés entre ses utilisateurs depuis sa création. La blockchain peut être utilisée de trois façons : pour du transfert d’actifs (monnaie, titres, actions…), pour une meilleure traçabilité d’actifs et produits et pour exécuter automatiquement des contrats (des « smart contracts »).

Lorsqu’un utilisateur effectue une opération, il remplit les détails de sa transaction et les remplit au niveau du système. La chaine de blocs les protège par un procédé cryptographique pour que cela ne puisse pas être modifié, l’enregistre dans le dernier bloc de la chaine et effectue la transaction.

En fonction de la nature de la chaine, l’utilisateur peut donc effectuer l’opération et consulter l’historique des opérations. A ce jour, trois systèmes sont possibles.

Un système ouvert permet à n’importe quel utilisateur d’écrire et de consulter les différentes transactions. Un système semi-ouvert permet de consulter les différentes transactions sans pour autant pouvoir en générer. Un système fermé, comme son nom l’indique, ne permet ni de consulter ou d’initier une opération.

En voyant l’architecture du système, nous pouvons nous rendre compte qu’une chaine de blocs peut être assimilée à un énorme registre dans lequel de nombreuses opérations peuvent être effectuées et consultées.

Il reste indéniable qu’il s’agit d’une avancée majeure en termes de transparence et de communication. En effet, à n’importe quel moment, l’information est disponible et l’application peut être adaptée à plusieurs secteurs de l’économie.

L’application la plus connue a été constituée avec le bitcoin. Il s’agit, à la fois, d’un protocole de paiement sécurisé et anonyme et d’une crypto-monnaie. N’importe qui peut accéder à cette blockchain (elle est publique, donc ouverte à tous) et donc utiliser des bitcoins. Pour ce faire, il suffit de créer un portefeuille virtuel, téléchargeable sur les stores d’applications. La crypto-monnaie permet d’acheter des biens et services et peut être échangée contre d’autres devises. Dans un autre registre, contrairement au bitcoin, qui permet seulement d’effectuer des transactions simples (principalement des paiements), l’Ethereum va plus loin. Il permet de faire tourner des « smart contract », des programmes autonomes qui exécutent automatiquement des actions validées au préalable par les parties prenantes. Cette application, bien maitrisée, pourrait permettre le paiement d’indemnités plus facile pour les assurances ou le transfert de propriété, par exemple pour les départements juridiques. On pourrait se mettre à rêver et imaginer le paiement de dédommagements automatiques pour un retard d’avion.

Le défi majeur réside dans les aspects juridique qui laissent de nombreux pays encore perplexes, malgré les avancées en Europe, en Asie, les harmoniser avec les règles en vigueur. Dans le cas des bitcoins, ces monnaies ne sont sous le contrôle d’aucun organe, elles ne sont donc pas sous le coup fiscal et expose les économies à un déséquilibre, vu la portée que la bulle a prise, à ce jour. Le volume d’opérations traitées par seconde reste, à ce jour, encore très faible. L’éventualité de bug ou de piratage, surtout dans un système ouvert, laisse les usagers un peu sceptiques.

Mais dans un monde où la confiance vis-à-vis d’autrui faiblit et où l’information peut atterrir à tout moment dans sa maison, les acteurs du monde financier (ou non financier) sont devenus plus exigeants.

Avec moins d’intermédiaires et plus de traçabilité, de nombreux acteurs financiers ont déjà à penser à des éventualités pour utiliser une telle technologie (Visa, Western Union). IBM, en partenariat avec KlickEx et Stellar a aussi développéé un nouvel outil spécialisé pour les FinTech et les paiements internationaux. Des acteurs du paysage économique ont même déjà succombé à la tentation avec notamment le laboratoire de la Caisse de dépôts et Boeing, qui développe une application pour prendre le relais d’un GPS défaillant.

Opportunité ou menace, face aux défis de nos nouvelles économies, nos métiers se réinventent et les technologies nous en donnent de nouveaux outils. Le Syscohada révisé a préféré prendre les devants et intégrer de nouveaux comptes pour le traitement des opérations de monnaie électronique. Dans quelques années, on nous dira peut-être que l’avion perdu dans le triangle des Bermudes a été retracé…

 
 
 

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