Tous unis contre la vie chère
- Cheikh-Ahmed Dieng
- 16 juin 2022
- 3 min de lecture
15 décembre 2018
Le plein emploi est un mythe. N’empêche, après la génération des baby-boomers qui se sont retrouvés dans un monde en reconstruction, nous avons fait face aux générations X, Y et Z. A ce jour, les générations X et Y sont déjà entrain de s’insérer dans le monde du travail et côtoient l’ancienne génération.
Qui dit emploi se retrouve face à un revenu en hausse, finie la bourse ou l’aide familiale. Aujourd’hui, le jeune se retrouve avec un revenu mensuel régulier.
Attardons-nous un instant sur ce revenu régulier. Keynes, dans sa loi de la psychologie fondamentale nous indique que la consommation est une fonction croissante du revenu. Plus les personnes gagnent, plus elles consomment. En effet, de nouveaux besoins voient le jour et ces besoins se doivent d’être comblés. Cependant, il ajoute un certain nuancement, à savoir, que si les revenus augmentent rapidement, la consommation n’augmente pas suivant la même tendance.
Mais là n’est pas le fait. Il s’avère de se placer dans la peau de ce jeune qui se retrouve avec une manne financière plus grande. Il se retrouve à pouvoir acheter des biens de manière plus facile.
Sur la pyramide de Maslow, l’individu se retrouvera sur 5 étapes dans sa vie. Lors de la première, les besoins restent physiologiques, à savoir se vêtir, manger, boire, dormir, se chauffer et avoir une juste rémunération.
A ce premier stade, nous nous retrouvons face au scandale de la chaine de Auchan. Chaine de supermarchés, elle s’est implantée au Sénégal et a proposé des prix défiants toute concurrence, à des conditions d’hygiène satisfaisante.
Les derniers pouvoirs en place se sont déclarés comme libéraux. Pour rappel, le libéralisme économique défend notamment l’initiative privée, la libre concurrence et son corollaire l’économie de marché et est ainsi coïncidant du capitalisme.
La libre concurrence est donc de mise et demande une mise à niveau des divers concurrents de Auchan. Qui ne se rappelle pas des nombreuses vagues de flambée des prix au moment des fêtes religieuses ou événements marquants ? N’empêche, notre association des consommateurs a fait front contre l’implantation de ces supermarchés.
Avec un prix de 90,47 FCFA le kW/h, le tarif de l’électricité est très cher. Hormis les bonnes volontés qui sortent dans les rues, aux dernières nouvelles, aucune action de l’association des consommateurs n’a été prévu. Une communication aurait pu être faite sur le suivi de l’emprunt qui permettrait de baisser le taux d’emprunt et donc les charges financières. L’intégration du mix énergétique est aussi une solution qui permettra de baisser la propension au pétrole et donc le prix de revient. Mais que nenni.
On préfère se défouler sur Auchan.
Passons à la seconde marche de la pyramide de Maslow et les besoins de sécurité.
Ces besoins peuvent être de l’ordre d’accumuler, construire une maison, s’occuper de sa santé, vivre dans un milieu non menaçant, être informé.
Pour ces besoins, je vais m’attarder sur les banques et sur les télécommunications.
Comme le disait Keynes, si le revenu augmente rapidement, la consommation n’augmente pas pour autant, on se retrouve avec de l’épargne.
Je me souviens de journées « banques fermées » ou d’opérations de boycott contre Wari. Ce sont des actions qui demeurent très appréciables. Il reste injustifiable que certains services de banque comme un dépôt se retrouve payant. Les banques ont, certes, des charges fixes mais…. Parlons des jours de valeur. Si cela ne vous parle pas, il s’agit non pas de la date d’opération mais du jour retenu pour le calcul d’intérêts. A une époque où l’on demande à tout salaire supérieur à 100 000 FCFA d’être bancarisé, ce détail est très important. La banque peut travailler avec votre argent pendant un moment avant de vous le mettre à disposition et donc faire des bénéfices pendant que vos factures attendent.
En ce qui concerne les télécommunications, aucun vent de contestation à ce jour par nos associations. Les seules initiatives sont privées par des journées de boycott. Il a fallu le rachat de Tigo pour enfin avoir satisfaction (d’où les bienfaits de la concurrence). Cela prouve que la réduction était possible. Nulle étude n’est encore faite sur les données mobiles qui ne sont pas quantifiées et donc suivies.
Je m’arrête donc là pour nos défenseurs du pouvoir d’achat. C’est bien beau de dire que quelqu’un est radin mais lorsqu’il a sué pour avoir cet argent, c’est tout de même dur de lui demander de le jeter par la fenêtre.



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